mercredi, 16 mai 2012

Un gouvernement Ayrault I dans la continuité de Jospin

 

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Pour mon premier article depuis la fin de mes examens, je vous propose un petit tour d'horizon du premier gouvernement socialiste depuis prés de 10 ans.

 

 

I – Jean-Marc Ayrault, un technicien en première ligne

 

Hier, l'annonce sonnait plus comme une confirmation que comme une véritable surprise : Jean-Marc Ayrault a été nommé à Matignon.

Le choix de ce nantais de 62 ans n'est pas anodin : président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale depuis 1997, époque à laquelle François Hollande a commencé son rôle de chef du parti majoritaire, il a vite noué des liens de coopération politique.

 

Un Fillon de gauche, aux allures de technocrate. Professeur d'allemand de formation, on peut vite ironiser sur l'ambition européenne du nouveau président face à son homologue germanique.

 

Pourtant, les remous ont vite obscurci le tableau : une affaire de favoritisme dans l'attribution de marchés publics datant de 1997 entrainant la droite, qu'elle soit la charogne légitimiste ou la renaissante bonapartiste, à faire montre de ce constat : l'exemplarité ne sera pas de ce quinquennat.

Des attaques qui sont loin d'être infondées : le maire de Nantes a fait preuve d'une abstraction quasi-hautaine envers la loi de 1905, en faisant le lit des tensions intracommunautaires dans sa commune.

Que dis-je ? Trois mosquées différentes pour lutter contre les tensions, la division des communautés plutôt qu le discours républicain, avec en prime 200 000 euros de financement pour un centre culturel religieux.

 

Bref, le socialiste Aristide Briand, rapporteur de la loi qui instaura la laïcité en France, n'en a pas fini de se retourner dans sa tombe, d'autant qu'il était à la place de Monsieur Ayrault bon nombre de fois dans sa carrière.

 

Mais ne nous attardons pas ici, le Gouvernement nous réserve bien des surprises, tant il a été retardé durant toute la journée.

 

II – Un gouvernement sans surprise

 

En effet, que dire des membres composant l'équipe gouvernementale de l'ex-maire de Nantes ?

 

Ce matin, l'entourage de Dame Veuve Aubry a annoncé que l'ex-candidate aux primaires ne serait pas au Gouvernement alors que Monsieur Rebsamen a dévoilé qu'il n'occuperait pas la Place Beauvau.

J'en profite pour remercier la maire de Lille de tout mon cœur, tant les craintes de la voir au ministère de l'enseignement supérieur m'ont paru étouffantes ces derniers jours !

 

La liste du gouvernement est annoncée à 19 heures 30, après maintes prolongations de délais, et si beaucoup ont été annoncé bien avant, certains noms sont étonnamment présent.

 

Les annoncés de longue date

 

Du coté des attendus, on retrouve à l'Intérieur, Manuel Valls, le « Sarkozy de gauche » dont les souvenirs de caca-nerveux au moment de l'affaire DSK me font encore sourire alors que le nouveau ministre a développé l'usag du mot « blackos ».

Arnaud Montebourg, le « Marine de gauche » comme je l'appelle affectueusement depuis que j'ai voté pour lui aux primaires, obtient un ministère bien à gauche : « Ministre du redressement productif » (entendez « ministre de l'industrie »).

Longtemps présenti à Matignon, Moscovici obtient finalement Bercy, soit une grosse part du gâteau de baffes, compte tenu de la situation économique du pays et de la zone euro.

 

On reprend les mêmes et on recommence !

 

Au niveau des historiques, Laurent Fabius, plus jeune premier ministre exerçant entre 1984 et 1986, se retrouve aux affaire étrangères, que son ami Bernard Kouchner avait occupé il y a 5 ans de cela.

Taubira, qui avait fait voter une loi mémorielle en faveur des peuples opprimés de la colonisation française, prend le contrôle du Ministère de la Justice.

Michel Sapin se retrouve lui aussi à un ministère « casse-gueule » à la Moscovici puisqu'il obtient le ministère de l'emploi.

 

Les petits nouveaux

 

Vincent Peillon se retrouve à l'Education, quand Filippetti se voit confier la culture chère à Jack Lang. Un héritage lourd à porter mis-à-part la diminution des taxes sur les livres, la fête de la musique et quelques mesurettes.

A coté, retrouvons la secrétaire nationale des Verts, dont les 75% de favorables à une entrée au Gouvernement ne sont pas déçus : Cécile Duflot, qui forme à mon sens avec Filippetti et Taubira le trio « Hexomil », se retrouve à l'égalité des territoires et du logement.

 

Najat Vallaud-Belkacem a droit à un ministère de façade, également typique de la gauche : le droit des femmes.

Cahuzac, surtout connu pour son débat contre Copé et Marine en fin d'année passée, obtiendra le commerce extérieur quand, enfin, Benoît Hamon sera chargé de l'économie sociale et solidaire.

 

Enfin, quelques noms en vrac :

 

Le Drian à la Défense.

Touraine aux Affaires Sociales et à la Santé.

Bricq à l’Écologie.

Fioraso à l'Enseignement Supérieur.

Le foll à l'Agriculture.

Lebranchu à la réforme de l’État.

Lurel à l'Outre-mer.

Fourneyron aux Sports, à la Jeunesse et à la Vie Associative.

 

mardi, 15 mai 2012

Le Rassemblement des Etudiants Indépendants

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Je vous en avais brièvement parlé il y a de cela quelques semaines. Les listes ont été déposées hier à la Maison de l'Université.


"Et bien, chers amis, on le dit assez souvent ces derniers temps : nous allons devoir une fois de plus nous rendre aux urnes sous peu.

 

 

On nous bassine assez avec ça ces derniers temps, le 22 mai prochain, il faudra renouveler les différents conseils (CA, CEVU, CS) qui composent l'équipe dirigeante de notre université. 

 

 

 

Beaucoup s'interrogent, se demandent à quoi sert cette élection. L'autre jour, j'en ai entendu un me dire : "Cette élection, c'est avant tout une histoire entre des gens bizarres qui viennent me donner des tracts alors que je ne leur ai rien demandé alors au final, bon ...".

 

 

 

Pourtant, si nous avons décidé, avec quelques amis, de présenter une liste indépendante de toute organisation étudiante, c'est par simple dégout d'un système au sein duquel personne ne se reconnait aujourd'hui, si ce n'est les principaux acteurs de celui ci. Les autres concurrents nous laisse voire nous impressionne par leur conformisme. Certains de leurs membres qui ont et qui gardent toute mon estime et mon respect.

 

 

 

Seulement, pourquoi une telle désaffection de notre système démocratique étudiant ? 10% de participation aux dernières élections de 2010, c'est très peu, je le sais, j'y étais.

 

 

 

Un manque de représentation flagrant donc dans nos institutions universitaires qui a permis l'instauration d'une oligarchie au sein des assemblées délibérantes, choisissant des jours ou personne ne sera présent pour fixer des élections qui ne se jouent qu'entre eux.

 

 

 

Les élections se suivent et se ressemblent, sans que personne ne songe à innover, voir à proposer une nouvelle donne estudiantine. Surtout, après chaque élection, on oublie ce qu'on a proposé dans ces propositions étaient vides et convenues.

 

 

 

Il nous faut un basculement.

 

Il nous faut une révolution étudiante.

Il nous faut un rassemblement des étudiants indépendants !"


Donc venez voter, ce mardi 22 mai, entre 9 heures et 16 heures, dans vos facultés de l'UHA. 


Dès cette semaine, retrouvez les propositions phares de la liste et les colistiers sur notre page facebook.

mardi, 08 mai 2012

"La France est-elle finie ?" (sic)

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La nouvelle est tombée dimanche soir. D'aucun parlent, avec un sérieux à peine dissimulé, de « drame national », quand d'autres craignent le changement qui arrivera sous peu.

Alors c'est tout trouvé que fût le titre de cet article, titre d'un ouvrage de Jean-Pierre Chevènement paru il y a plus d'un an.

 

 

 

Le rassemblement place de la Bastille a ramené chez beaucoup la crainte de relents communautaristes, crainte ressentie par une grand majorité de Français.

D'autres, au contraire, célèbrent un nouveau 10 mai 1981. C'était sans compter la première polémique de leur champion corréziens.

 

Seulement, le 10 mai 1981, Mitterrand avait son symbole : son Garde des Sceaux allait avoir la lourde tâche d'abolir la peine capitale.

Hollande, lui, ce 6 mai 1981, aura des mesurettes : droit de vote des étrangers, mariage entre personnes du même sexe, euthanasie …

Pourtant, les mesurettes sont souvent plus désastreuses que les symboles. Un sentiment d'impunité morale et sociale qui s'est déjà formé dans bien des consciences.

 

Face à la victoire de la gauche bobo, qui privilégiera quoiqu'il arrive le progrès libertaire au progrès social, la droite se trouve dans une situation délicate.

 

Alors que l'UMP, vouée à l'éclatement depuis longtemps et encore plus depuis la jospinite du Président sortant, se disperse entre Juppé, Fillon et Copé, quand Xavier Bertrand tente de récupérer les meubles.

L'éclatement montre bien la grande imposture intellectuelle que constitue le parti de la majorité sortante. Aucune cohérence idéologique, et un chef en cours de désignation, avec pour dernière solution, l'appel à un protectionnisme européen, prôné sous les rires par les nationaux depuis tellement d'années.

Une théorie de l'éclatement, déjà en œuvre, que ce soit au niveau individuel ou au niveau de groupes plus importants issus de la majorité.

 

Du coté du Rassemblement Bleu Marine, les querelles sont malheureusement également à l'ordre du jour.

Si Paul-Marie Coûteaux, à quelques jours de notre conseil national, a fait preuve d'une susceptibilité exagérée, Louis Aliot n'est pas là pour arranger les choses.

 

Les jours se suivent et se ressemblent : c'est l'heure de compter les morts, et de trouver les traitres.

Si certaines en viennent à accuser Marine Le Pen de la défaite de Nicolas Sarkozy, du fait du nombre record de votes blancs (2 millions), d'autres s'offusquent que la candidate de la droite nationale n'ai pas appelé à voter Sarkozy, alors que ce dernier a refusé publiquement toute alliance ou appel au vote possible en faveur du RBM.

 

L'arrogance habituelle de la gauche semble aujourd'hui faire place à l'arrogance de la droite, voyant les électeurs frontistes comme un simple panier à voix, sans comprendre, sans voir que leur défaite n'est que le fruit de leur propre dédain.

 

Il est urgent aujourd'hui de reconstruire la droite et d'arrêter cette tartuferie après une défaite qui était annoncée depuis plus de deux ans.

La première étape de cette reconstruction, c'est de prendre ses responsabilités et de refonder une droite nationale et républicaine sur une logique patriote, humaniste et sociale !


"Pour pouvoir saisir sa victoire et retrouver sa grandeur, la France doit se rassembler."

                                                                                Charles De Gaulle


NB : Depuis hier, vous pouvez également me suivre sur le site des patriotes désabusés.

jeudi, 03 mai 2012

Le débat de l'entre-deux tours : une suite de fioritures

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Je sais, je sais ... Je n'ai guère été très prolixe ces derniers temps. Entre un débat de premier tour (annulé) sur RCHA ou je devais représenter le SIEL, le début de mes examens, la préparation des élections universitaires et législatives, l'écriture d'un bouquin et une émission passée sur RCHA le lendemain du premier tour, je donne l'impression d'avoir perdu cette morne qui fais ma réputation. Mais détrompez-vous : Je suis bel et bien toujours présent :).

Pour inaugurer ce retour, un petit article sur le débat tant attendu de l'entre-deux tours. Je vous le précise tout suite : Ferrari et Pujadas étaient totalement largués. L'une fait les yeux doux à Sarkozy quand l'autre se prend des vents monumentaux. J'aime le journalisme français ...

 

I - Une entrée en matière énergique mais sans surprises

 

Dès les premières minutes, Nicolas Sarkozy attaque l'angélisme caractéristique de son adversaire et de son camp tout entiers. On note tout de suite l'habit de président de la République. Son entrée dans une posture gaullienne - qui n'est je vous rassure qu'une posture - lui permet de prendre une avance et de montrer à son adversaire qu'il est là, présent, et peu enclin à se laisser marcher sur les pieds.

De son coté, François Hollande se montre tendu face au calme de son adversaire. Parti gagnant, il semble déstabilisé, et retourne aux fondamentaux de la gauche : l'adversaire est forcément stigmatisant et divise les Français. Classique des boules puantes habituelles des socialistes qui, pourtant, sont certainement ceux qui ont le plus divisé par leur logique multi-culturaliste et communautaire, source même de racisme.

Le Corrézien limite son adversaire à un bilan. Ce n'est plus, à son sens, projet contre projet mais projet contre bilan. Il passéise son adversaire, alors que lui-même, à la suite, fera un éloge des corps intermédiaires, des féodalités : les collectivités locales, largement à gauche. Il brasse dans le sens du poil ses soutiens.

Une remarque me vient à ce moment là, me souvenant du débat d'il y a cinq ans, ou Madame Royal avait lâché son classique "non je ne me calmerais pas". La gauche profite davantage du pathos, de la colère, de la révolte, que la droite. A l'inverse, ce dernier camp gagne à la raison, à l'ethos. Un exemple ici, dans la contradiction hollandienne : le pathos de la gauche mais la stature d'un monarque.

 

II - Une crise mondiale pour terrain de jeu

 

Le challenger embraye sur la crise internationale : premier faux pas. Il citera l'Allemagne : deuxième ! Son adversaire, l'air sardonique, accepte volontier ce terrain et le prouve en ironisant. Le président sortant ne le lachera pas : référence aux divisions des primaires socialistes (attaque partisane) avant de rentrer dans la technique (attaque de compétence). Sarkozy fera ce qu'il sait le mieux : parler d'expérience, mais aussi et surtout de technique.

Nicolas Sarkozy noie son adversaire sous les chiffres, sous les statistiques, sous les constats. En face, Hollande semble nerveux, j'ai même pu remarquer qu'il bougeait deux fois plus vite que son adversaire.

Une nervosité qui trouvera son acmé à 21 heures 37 très précisément dans une cacophonie symptômatique d'une mise en difficulté du président sortant. Les deux sont tendus, mais le chef de l'Etat usera de sa parade favorite : le silence, suivit de quelques questions rhétoriques, permettant le retour à un débat plus calme.

Plus calme mais non moins énergique : Hollande tente de faire disparaitre sa mollesse habituelle. Un durcissement artificiel remarqué. Son adversaire ne saura pas en profiter et, perdant son calme, changera de sujet.

Le calme, une arme, mais aussi un thermomètre. La preuve en est ce moment ou le président sortant profite de sa stratégie de placement, citant Migaud, mais également en citant des alliés évidents du socialiste : Zapatero, Aubry, Valls ... tout en ce gardant bien de citer DSK, qui s'invitera pourtant au moment des dernières boules puantes de fin de débat.

DSK qui se fait cruellement manquer, tant le niveau aurait probablement été supérieur en sa présence.

Face au jargon économique de Nicolas Sarkozy, son challenger parle au Contribuable, comme Marine Le Pen parle au Peuple. Voyant le peu d'efficacité de la technique, il prend de la hauteur et joue au professeur. S'engage une guerre d'abus de soi.

ne hauteur qui en prend un coup dès lors qu'il commence à victimiser les fonctionnaires, électorat déjà acquis s'il en est. Un manque de courage qui, heureusement pour le candidat, n'a pas été très remarqué.

Proposant ses fameux 75% d'impôts (sur la tranche au dessus de 1 millions et non sur tout le patrimoine contrairement à ce qu'on entend souvent) et précise que son adversaire a augmenté les prélèvements obligatoires, tout en oubliant de préciser que son adversaire a crée plus de 20 taxes en 5 ans. Guerre de libéralisme.

De son coté, le président sortant, reprenant son calme, profite de la tension et reprend les rennes par ses qualités de rhéteur : il écoute son adversaire, en débusque les contradictions et l'uppercut à plusieurs reprises pour finir sur une pédagogie présidentielle autour des retraites et, à demi-mot, autour de l'endoctrinement pédagogiste que l'on trouvait dans les défuntes IUFM.

Chacun sur le terrain adverse : François Hollande saisi, sans en tirer profit, les contradictions sécuritaires de son adversaire, mais devra couper net du fait du retard pris dans le débat, sonnant une discussion sur un point qui fait peu débat : l'Europe !

 

III - Une Europe guère très clivante

 

Pour le challenger, c'est à gauche toute : discours mélenchoniste sur la BCE, tandis que les influences de Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg ont totalement disparu. Le premier, déjà cocufié par Jospin en 1997, ne doit pas s'en étonner. D'autant qu'au lendemain, Ayrault s'amusera à le snober en omettant de l'inclure à la future majorité.

De son coté, son adversaire joue à l'esquive et tranche sur l'international, tout en jouant au pseudo souverainiste. On l'entend dire "souveraineté" quand il dit "austérité". Un jeu de dupe de la part du président atlantiste.

Référence explicite au policy-mix s'en suivra, c'est-à-dire en un fédéralisme budgétaire pour conserver un fédéralisme monétaire. Sarkozy n'en veut pas mais n'ose pas aller au bout de sa logique : le fin de l'euro monnaie unique pour un euro monnaie commune. Contradiction flagrante du président sortant.

C'est alors qu'il découvre l'existence du Général de Gaulle, en se souvenant de la politique de la chaise vide mais une nouvelle fois sans grande logique. Il sera peut-être plus cohérent en matière migratoire ?

 

IV - Séance de rattrapage : le pseudo-clivage migratoire

 

Hollande tranche très vite avec l'angélisme gauchiste habituel en proposant une limite ciblée de l'immigration économique. A t-il découvert les bienfaits de la priorité nationale, mise en place par Blum et que son mentor a supprimé ? Mieux : veut-il toujours la supprimer pour les fonctionnaires ?

Suite à un problème de chiffre, un discours convenu interviendra. Le président sortant ne tirant pas toutes les conséquences de son - supposé - anti-immigrationnisme. Il propose de durcir le concours d'obtention de la nationalité, sans prise en compte du facteur assimilation ni de la volonté intrinsèque et patriote d'appartenir à la communauté nationale.

De même : pas un mot sur le dumping social que constitue l'immigration. Pas de discours social comme celui légitimement attendu de la part d'un président qui veut conquérir les marinistes.

La logique ici n'est plus assimilationniste, patriote, ni même républicaine, mais une logique ultra-libérale qui se base, avant tout, sur l'économie. Bref : un travail bâclé.

En pleines révisions de droit administratif, je n'ai pu éviter ce petit rictus en entendant parler de voies de fait en matière d'expulsion.

Cependant, le président sortant est trop tendu sur cette thématique face à un adversaire qui fait preuve de raison ... Enfin, jusqu'à ce qu'il reprenne la main : les contradictions du candidat socialiste face à ses intérêts droitdelhommistes.

Il reprend le contrôle, mais pas tant que cela : le fameux thème du droit de vote des étrangers, ou les deux sont d'accord, sauf en période électorale.

Après avoir manifesté une crainte légitime de vote communautaire, il devra pourtant écouter la première blague de la soirée sans rire : 

« Qu'est-ce qui vous permet de dire que les étrangers non-européens sont musulmans ? » ... Et oui chers amis, c'est connu, quand on parle d'immigration extra-européenne, on parle d'immigration américaine …

J'en profite pour rappeller à notre futur président que l'immigration française est essentiellement issue de nos anciennes colonies, majoritairement africaines et maghrébines. Déni de réalité total de François Hollande ? Et oui, et ça veut diriger la France ...

Quoiqu'il en soit, Hollande reste le même : un socialiste mondialiste, un global-socialiste, et non un international-socialiste comme les marxistes.

S'en suivront des lieux communs sur la communauté nationale et les communautarismes de tout poil, entrainant un engagement du socialiste : aucune zone exempte de laïcité. Il ne vient pas souvent en Alsace-Moselle ... D'ailleurs, aura t-il le courage de proposer une suppression progressive du droit local au profit d'un droit national harmonisé ?

 

V - L'Alsace à l'honneur : Fessenheim

 

Fermeture de Fessenheim ... Si Hollande en parle en douceur, Sarkozy ne manquera pas d'attraper en vol ce manque de positions claires. Hollande mou n'est décidément pas une caricature, puisqu'il n'arrivera pas à avoir un avis tranché. En même temps, il n'arrivera qu'à une chose : prendre une position politicienne (accord avec EELV) en la justifiant par l'intérêt général.

Deuxième blague de la soirée :

« Je ne pense pas qu'il y ai un risque de tsunamis aux frontières du Rhin. »

Le Président sortant ironise sur le risque sismique, pourtant réel dans la région. Un exercice de forme, comme tout ce débat, qui fera qu'il sera probablement le grand vainqueur de ce débat, malgré des références hasardeuses ("on a tout essayé" ...).

 

VI - Un jour, je serais président ...

 

"Quel président serez-vous ?". Un grand exercice de langue de bois.

François Hollande récite sa leçon, son poème tout en sachant que le 1/3 de ce qu'il dira est également applicable à son adversaire : décentralisation, parité ...

Troisième blague de la soirée :

« J'organiserais de grands débats. »

Oui, vous avez bien lu, le débat sur l'Identité Nationale n'est pas un "grand débat". Ce n'est pas un sujet pour François Hollande.

Sarkozy le remettra assez vite à sa place, notamment sur ses attaques gratuites et son esprit partisan, même si le président sortant n'a pas de leçons à donner là dessus.

Il fera même hurler quelques bobos en déconseillant aux humanitaires d'aller en Afrique. Quelle horreur : ils vont devoir s'occuper des Français ...

 

VII - Une conclusion convenue

 

Des discours convenus, sans véritable fonds. Sarkozy dit parler à tout les Français, c'est vrai, mais dommage qu'il leur parle comme à des malades et non comme à des électeurs réfléchis ...

Hollande sortira tout de même une dernière boutade :

« Je veux le plein emploi. »

Et dire que Marine lui ressortira dans 5 ans comme lui l'a ressorti à Sarkozy :) ...

 

mercredi, 04 avril 2012

Mon passage à Radio Campus

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Mardi 27 mars, j'ai fais ma première radio. J'étais l'invité de l'émission "Entrevue entre nous" sur Radio Campus Haute-Alsace, une émission ou l'invité est un étudiant de l'Université de Haute Alsace.


podcast

 

NB : le but de l'émission n'étant pas de parler de politique mais de choses plus légères, c'est pourquoi j'ai tenté de limiter mes interventions en la matière.