jeudi, 20 octobre 2011
Le procès Salan
Aujourd'hui, non je ne vous parlerai pas de l'actualité politique du moment, à savoir l'histoire d'un nain et d'une girafe qui ont enfanté d'un gnome. Non, aujourd'hui, je vais vous prouver que cette petite phrase, que j'utilise souvent, est fondée.
"Quelques mots dans un tribunal peuvent très bien briser un bibelot à l'Elysée" m'arrive t-il de dire.
Cette observation a pour fondement le procès de Raoul Salan, une perle pour beaucoup d'avocats et de rhétoriciens puisque ce procès contient la plus belle plaidoirie de ce dernier siècle, grand moment d'éloquence judiciaire, prononcée par l'avocat et futur candidat nationaliste à la présidentielle : Jean-Louis Tixier-Vignancour. J'aime, en ces temps, le surnommer "le Badinter de droite". Au tableau de chasse de celui qui aura pour directeur de campagne Jean-Marie Le Pen, on compte notamment le procès Céline.
Pour la petite histoire, Tixier-Vignancour, comme 85% des parlementaires, votera les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, mais également au général de Gaulle en 1958. Par la suite, il tiendra ces mots : « Jamais je n’aurais pu envisager que, pour la deuxième fois, celui qui me le demanderait serait celui-là même qui m’avait puni pour avoir accordé une première fois cette délégation ».
Le principal mérite de cette plaidoirie fût d'avoir évité le décollement à Raoul Salan, général français surnommé "le chinois" du fait de ses origines asiatiques et chef de l'OAS, fort soutien du retour du général de Gaulle aux affaires en 1958.
A la suite de ce procès, il sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité grâce à des circonstances atténuantes avant d'être amnistié en 1968. Il est mort en 1984 des suites d'une maladie.
Mais d'ou vient donc cette phrase ? La légende veut qu'à l'annonce du verdict au Président de Gaulle, celui-ci s'est mis dans une rage telle qu'il en vînt à briser un verre en réclamant un deuxième procès.
Ce procès, m'ayant vite attiré, m'a par la suite couté seulement 6 francs à l'achat du compte rendu sténographique.
En l'espèce, le procès portait sur le Putsch des généraux survenu un an plus tôt et qui avait amené le Grand Charles à user de l'article 16 de la toute récente constitution relative ux pleins pouvoirs. Une utilisation qui sera d'ailleurs largement critiquée par l'éminents juristes, y compris ceux les plus proches des milieux gaullistes.
Par la suite, en juillet 1961, Raoul Salan sera condamné à mort par contumace, avant d'avoir affaire à son procès, du 15 au 23 mai.
Un procès qui mérite d'être mieux connu des juristes comme des historiens, tant l'engouement de l'époque, et le caractère apparemment si contemporain du cas, semblent être évidents.
10:22 Écrit par Deleatur dans Droit, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : raoul salan, tixier-vignancour, procès salan, compte rendu sténographique, de gaulle, plaidoirie, oas, organisation armée secrète, algérie française |
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